Quand slow rime avec éducation (ou le slow parenting)

Les gens qui me connaissent me qualifieront sans problème de personne tranquille, pas stressée de la vie. Je fais parti de ces personnes jamais à l’heure que les études américaines qualifient « d’intelligents ». J’ai toujours trouvé cela très drôle !

Je l’avoue, j’aime prendre mon temps. A la maison, j’ai trois horloges et pendant longtemps aucune n’était à l’heure. D’ailleurs je porte une montre uniquement pour travailler. Le reste du temps, je préfère me fier au soleil, loin des contraintes sociales.

Mais rassurez-vous, je m’adapte. J’ai un travail comme tout le monde. Mais j’ai toujours refusé d’imposer mon rythme à mon enfant.

LE MOUVEMENT SLOW LIFE

Ce mouvement a des déclinaisons dans différents domaines, vous en connaissez sûrement certains : 

la nourriture avec la slow food qui privilégie les plaisirs de la table et la convivialité, ainsi que l’art de choisir les produits à cuisiner, en opposition au fast food.

La beauté avec le slow cosmétique, reposant sur des principes simples : la connaissance (de sa peau, de son fonctionnement et de ses besoins), le bon sens (consommer des produits simples et naturels) et l’éthique (bon pour le corps et l’environnement).

La déco avec le slow décoration (ou slow design) et aussi le slow parenting (ou slow education).

QU’EST-CE QUE LE SLOW PARENTING ?

Le slow parenting ou R.I.E (Ressources for Infant Éducateurs) est un terme anglo-saxon qui désigne une façon plus calme de vivre sa fonction de parent.

Carrie Contey, la cofondatrice de Slow Family Living, explique qu’il s’agit de « ralentir la connexion avec l’autre et être conscient de ce que vous faites ». 

Ce mouvement fait l’éloge de la lenteur. En France, nous parlons plutôt de la pédagogie de la tortue.

« L’élève n’est pas un vase vide qu’on remplit, mais un feu qu’on allume »

Montaigne.

MON ENFANCE SLOW

Enfants, lorsque nous partions en vacances, il nous arrivait de nous reposer chacun notre tour dans un hamac. Habitant les hauteurs du village, le hamac surplombait la forêt avec la vue sur l’océan. Nous pouvions rester là pendant « des heures ».

Pendant ces vacances, j’ai appris à m’ennuyer. A ne rien faire. Juste respirer. Regarder la nature. Être dans la nature, me ressourcer, prendre le temps, sentir le soleil. Loin des contraintes de la vie. 

C’est sans doute cela que mes parents voulaient nous transmettre. Apprendre à prendre du temps pour soi. Apprendre à être avec soi. Se découvrir. Savoir qui on est. Alors c’est sûr, enfant on n’a pas forcément les réponses mais au moins on connais le chemin en nous pour nous ressourcer. Faire des pauses. Créer une bulle autour de soi.

La vie est courte, mais ce n’est pas une raison pour la gâcher en se précipitant. A vouloir aller trop vite, nous finissons par survoler les choses sans vraiment les comprendre. Parfois il est préférable de faire moins pour faire mieux. 

Alors aujourd’hui, quand ma fille me dit qu’elle s’ennuie, je suis contente. Cela veut dire qu’elle s’est suffisamment déconnectée de toutes les stimulations extérieurs. Qu’allait-elle pouvoir sortir d’elle-même pour s’occuper. 

Je ne lui donnais pas de solutions toutes faites. Je l’ai laissé se trouver par elle-même. Et elle se débrouille plutôt bien (création d’un mini herbier, création de bonhomme en bâton de bois, dessin en tout genre, tri de ses jouets, observations de la nature sur un pouf au milieu du jardin).

LE DÉCLIC

J’ai eu ce déclic alors qu’elle était encore bébé. Je la réveillais pour l’amener chez sa nounou. Elle ne se plaignait pas. Elle se laissait faire. Je l’habillais à 7h30 et tu me regardais avec des gros yeux ronds l’air de dire « mais où cours-tu comme ça, maman ?! »

Ton regard m’hypnotisait. Plusieurs mois durant, j’enchaînais ces mêmes mouvements en espérant ne pas être en retard.

Puis vint le moment où je me demandais ce qui était le plus important. Voir ta fille jouer ou te presser de faire les choses sans prendre le temps d’apprécier chaque moment.

Souvent je prends le temps de la regarder, de l’écouter juste pour entendre l’intonation de sa voix, je me fais des souvenirs de petits moments de la vie. Calmement, tranquille quoi ! 

L’APPRENTISSAGE DE LA MARCHE

Bien souvent, lorsqu’un adulte veut aider un enfant à marcher, il lui lève les bras histoire de ne pas avoir à trop se baisser (ou pensant juste bien faire).

Je n’ai jamais compris cette méthode. Je voulais t’aider à marcher mais pas t’imposer mon mètre quatre-vingt, en t’empêchant de ressentir l’équilibre de ton corps. Alors nous avons fait un compromis ensemble. 

De temps en temps, je t’accompagnais en mettant mes mains à ton niveau pour te soutenir dans ta démarche. Le reste du temps, tu étais libre. Ainsi tu auras pris le temps nécessaire pour apprendre à te mettre debout et marcher à ton rythme. 

MOINS DE JOUETS, PLUS DE CREATIVITE

Enfant, ma maman nous disait souvent que ses poupées étaient de simples bout de bois. Autant dire que cela calme et pousse à la réflexion quant à la quantité et l’utilité des jouets que nous offrons à nos enfants. (Bon aujourd’hui la maison de ma mère est inondée peluches, je vous laisse deviner la raison !!)

Avec moins de jouets, cela ne signifie pas qu’elle joue moins. Elle joue sans doute mieux et différemment. Aussi je me limite dans l’achat de jouet trop bruyant. Pourquoi acheter un jouet qui ferait un ou dix sons différents quand notre propre bouche peut en créer des milliers.

Ma mère lui a offert une petite guitare. Au début, j’ai pris peur, j’ai en effet craint pour mes oreilles. Mais finalement celle-ci lui sert à chanter quand elle est contrariée. Elle chante le blues dans sa chambre !!

Au final, en réduisant sa quantité de jouet, nous avons limité son choix à l’essentiel et favoriser sa créativité. 

A L’ÉCOLE

J’ai toujours trouvé aberrant que nous demandions à une vingtaine d’enfants d’avancer au même rythme dans leur apprentissage.

Chaque individu à son propre rythme. Il n’y a rien d’étonnant à ce que certains retiennent une leçon juste en l’écoutant, d’autre en la relisant une fois, et certains en refaisant la leçon entière.

Un enfant peut avoir besoin de deux années scolaire pour assimiler correctement les savoirs qui sont habituellement enseignés en une année. Ce n’est pas un drame. L’ironie étant que l’on redouble de moins en moins.

Chaque enfant, chaque élève, devrait pouvoir apprendre à son propre rythme. Sans comparaison aux autres et sans pression imposée à la fois par le milieu scolaire et milieu familiale.

Encore faut-il en avoir conscience et laisser l’enfant avoir conscience de ses capacités et de ses besoins. Pour cela, il est peut être important de lui laisser le temps de se découvrir, et à nous adulte, de découvrir l’enfant qui nous fait face afin de l’aider et de l’accompagner au mieux.

 

Alors parfois les choses vont de soi. Il va à l’école, apprend ses leçons, ramène des bonnes notes, on est content. Mais quand celui-ci est en difficulté, que vous êtes vous même en difficulté face à votre enfant que vous ne comprenez plus, vous vous dites que vous avez manqué un truc…

Maret, Lemiblog

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Vous l’aurez compris, cette philosophie nous invite à ralentir le rythme. Alléger nos emploi du temps et autres activités respectives afin de nous retrouver.  

Bien souvent, nous laissons plus de place au rythme des enfants pendant les vacances. Nous nous accordons plus de temps en famille. Pourquoi ne pas pousser l’expérience toute au long de l’année. Pour vous-même et pour votre famille, quand vous sentez le rythme s’accélérer, dites stop et ralentissez.

.

Au final, l’important n’est pas l’activité (qui n’est qu’un prétexte) mais le fait de partager un moment simple permettant de libérer la parole de chaque membre et d’explorer la vie telle qu’elle se présente à nous :

  • Faire une promenade sans but précis, flâner en pleine nature après le boulot
  • Organiser un pique-nique plutôt que de rester enfermé.
  • Faites une activité soudaine et non programmée.
  • Faites des pauses sans écran (tablette, télévision, téléphone)
  • Faites une soirée filme en famille avec pop-corn, pouf et ambiance cocooning
  • Manger en famille, éclairé par des bougies, en coupant tous les appareils électroniques.
  • Faire une activité physique en famille.
  • Faire des jeux de société en famille
  • Les faire participer peu à peu aux tâches domestiques
  • Le faire participer au décision de la maison

 

http://apprendreaeduquer.fr/25-propositions-pour-une-education-lente/

slow-parenting.png

http://apprendreaeduquer.fr/slow-parenting/


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On dit souvent que l’été est propice au slow parenting.

En réalité, il n’y a pas de saison pour passer du temps ensemble
et prendre le temps de se connaître.  

Et vous ?! 

Quels sont vos moments slow ?!

 

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Publié par

zita home

Organisatrice d'intérieure formée à la psychologie de l'habitat et à la valorisation immobilière, je me consacre au bien être dans l'habitat. Découvrez mon univers inspiré par les tendances scandinave, vintage, minimaliste, zéro déchêt... et un peu geek.

7 réflexions au sujet de “Quand slow rime avec éducation (ou le slow parenting)”

  1. Quand j’étais un enfant, mes parents vivaient (et vivent) à 100 à l’heure toute la semaine et les week-end ils prenaient du temps pour ma soeur et moi (sorties, voyages, jeux, etc). Et je dois dire que j’ai toujours aimé cette manière de vivre. Je fais pareil moi même. La semaine j’étudie, je travaille etc et le week-end je prend du temps pour moi.

    Aimé par 1 personne

  2. Il est tellement chouette ton article!!Merci merci un plaisir de te lire.J’essaie aussi un maximum d’appliquer des petits trucs pour profiter à fond ma famille.
    On prend toujours le tempspour un rituel du coucher avec histoire dans mon lit et calins.Le dimanche quel que soit le temps on va marcher 2 heures sans portable pour destresser et etre ensemble. bisous

    Aimé par 1 personne

  3. Ici c’est slow uniquement le week-end malheureusement
    il faut être à 8h10/15 à la crèche
    8h20 à l’école
    et 8h30 pour moi au travail
    Je les laisse dormir autant que possible, j’ai adapté mes horaires pour ne pas les mettre en garderie ni le matin, ni le soir.
    Mais bon c’est souvent la course malheureusement et on apprécie grandement les vacances où on prend le temps, se réveil à l’heure qu’on veut, traîne en pyjama,…

    Aimé par 1 personne

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